Au Pays du Mont-Blanc les habitants buvaient peu de vin. Les seules vignes existantes dans cette vallée de l’Arve se situaient sur les côteaux de Passy et d’Ayse (au pied du Môle). Cette pièce enterrée, la plus froide de la ferme est située au nord à côté du couloir qui mène à l’arrière de la ferme.
Les comblorans avaient l’habitude de faire du cidre avec les arbres fruitiers de la propriété. Cette boisson faisait partie du quotidien. Le cidre appelé « bidoyon » était fabriqué avec les petites pommes à cidre « les croésons » du verger. Certaines familles y mettaient également des poires, les « poires môdes » mais le jus se conservait moins bien et fermentait plus vite. Le cidre pressé à l’automne durait toute l’année, conservé dans ces grands tonneaux cerclés qui se trouvent dans cette pièce.
Monsieur Martinelli, père de Carmen et Isidore, avait installé un ingénieux système utilisant la pente sur laquelle est installée la ferme pour amener à l’automne les fruits du verger dans la grange située au-dessus de la cave à cidre. Après que les pommes et poires aient muri, il versait du haut de la grange, dans l’entonnoir qui se situe dans la cave à cidre , toute la production concentrée en sucre dans le broyeur afin qu’elle y soit déchiquetée. Ensuite le tout était versé dans le pressoir. Le jus obtenu était ensuite stocké dans les tonneaux.
Avec les « pruneaux » provenant souvent de Passy, les comblorans faisaient également de la « gnôle » avec l’aide d’un bouilleur de cru qui passait avec son alambic à l’automne pour transformer tous ces fruits en alcool fort.
(Législation : un laissez- passer était délivré par le centre des impôts à tout propriétaire d'un verger. Cet acquis permettait aux récoltants la distribution gratuite de 10 litres d'alcool pur à 50°).
Désormais ces droits ne sont plus cessibles aux enfants et s'éteignent au décès du conjoint survivant.