9 L'ECURIE DES VACHES ET LES « CACATTI »

Les familles possédaient 3 à 4 vaches, parfois 5 à 6 pour les plus fortunés. Les bêtes entraient à l'écurie (terme couramment utilisé à la place de l’étable), par la deuxième porte située à droite de l'entrée principale. Cette petite pièce, fermée aujourd’hui par une corde, servait aussi d’atelier  et de stockage de la litière des vaches dont on recouvrait le dallage de l’écurie ; elle était principalement composée de feuilles d’arbres que l’on ramassait à l’automne ou de débris de paille. Le plafond est bas (attention à vos têtes).

Des trous dans le plancher de la grange que l'on nomme « denieus » permettaient de faire descendre le foin directement dans la crèche des vaches (Celle-ci a été démontée). Il arrivait que des paysans perdent la vie en tombant dans le « denieu » de leur grange. A l’extérieur, les bassins permettaient aux vaches de s'abreuver. Le fumier était récupéré dans la petite rigole centrale, « la ré » et évacué à l'extérieur par la trappe dans le mur. Le tas de fumier était aussi le réceptacle du « cacatti ». Ces toilettes, restées en l’état, étaient ventilées naturellement et le séjour y était assez bref l'hiver, en raison des températures et l'été en raison des mouches !! C'est une particularité de cette ferme, et une forme de confort, car habituellement le « cacatti » était situé dans une petite cabane à l'extérieur de la ferme. On appellerait cet endroit, de nos jours « des toilettes sèches ».

 « Au mois de mai, les bêtes étaient sorties aux pâturages. On allait défaire les taupinières en alpage, et on en profitait pour descendre du foin avec la jument.

Le mois de mai serait chargé : le mariage, les rogations, l’Ascension, les jardins à préparer et ensemencer. A une certaine époque nous mettions beaucoup de betterave fourragère, des Vauriac. Le colporteur, marchand de graines, qui venait des Gets savait onseiller les agricultrices.

Au début du mois de juin, arrivait le temps des “emmontagneures” avec toute l’organisation que cela supposait pour les travaux. Les hommes restaient les premières semaines à s’occuper de l’alpage. Les femmes restaient en bas aux fermes pour s’occuper de l’entretien des jardins et des enfants scolarisés. Puis on faisait le troupeau avec les bêtes qu’on louait pour l’été.

Le surplus des bêtes de la commune partait aux Contamines chez les Conseil ou à Megève chez les Muffat-Méridol.

Plusieurs alpagistes de Combloux prenaient des bêtes sur Saint-Roch et Saint Martin.

Deux jours après l’arrivée du troupeau, on avait désigné la reine à cornes et la reine à lait. Les alpagistes payaient deux fois, avec un pot de deux litres (on payait au pot) : une première fois deux jours après l’arrivée du troupeau, et une deuxième fois à la Sainte Marie-Madeleine.

A la descente des troupeaux, il devait y avoir la qualité en graisse et en mamelle.

Les foins allaient commencer après avoir butté les pommes de terre.

On faisait également le pèlerinage de Saint-Isidore, patron des paysans, à la Roche sur Foron et à Montizel. On y allait souvent en vélo, souvent vers la Saint-Jean.

Pour la Saint-Jean, nous assistions aux feux et au bal à Megève. C’était dur le lendemain pour commencer les foins. Heureusement, le premier jour il n’y avait rien à rentrer et nous pouvions nous reposer un moment l’après-midi pour récupérer du bal.

Par beau temps, la mécanisation aidant, il n’y avait pas trop de problèmes mais le plus dur c’était pour les chevaux, attelés sans arrêt. Heureusement, le bon foin et l’avoine les aidaient à tenir le coup.

Puis arrivait le temps des moissons, puis des regains. Avec une grange bien remplie, la famille était sûre de passer un bon hiver. »

Extraits du livre « Mémoire d’un Combloran »

          Editions Musée de la Pente

1ere de couverture memoirs d un combloran