« Et la vie continuait pour les grands. Selon l’enneigement, le ski reprenait ses droits.
Arrivait le nouvel an, que l’on espérait meilleur que celui qui venait de passer. Les petits recevaient souvent une pièce de la part du grand-père ou un cadeau de la marraine.
Nous arrivions à la Saint-Antoine qui aimait bien les cochons ! On faisait bénir l’orge,l’avoine, le sel pour les animaux.
Puis arrivait la Chandeleur avec la bénédiction des cierges que l’on allumerait pour apaiser l’orage. Il y avait également les crêpes au retour de l’école.
Le mois de février, avec ses jours plus longs et le bon soleil qui réchauffait, faisait sortir le paysan et son cheval pour emmener le fumier dans les champs en prévision des labours de printemps. Dans les années où il neigeait beaucoup, il fallait ouvrir à la pelle un petit chemin, “la mène” pour le cheval et son chargement sur la luge à fumier.
Mars arrivait, et les poules en manque de gravier commençaient à sortir. La fonte des neiges était toujours bien vue par le paysan qui avait le souci du stockage du foin et de la paille. Ce n’était pas comme avec le temps des sports d’hiver qui allait venir oùl’on aime faire ses Pâques sur les pistes de ski.
Le printemps apportait d’autres soucis. Après les labours, la fille aînée allait se marier. Elle allait “prendre son pain”. Les cousins de Paris (quel tralala !) viendraient pour l’occasion, tellement contents de revenir au pays. Mais ils étaient souvent plus simples que l’on pensait et avec leur train de vie, les cadeaux étaient à la dimension.
Les corvées ou prestations sur les chemins vicinaux auront été faites à temps pour qu’ils n’aient pas une trop mauvaise opinion avec leurs bottines pointues.
Pourvu qu’il fasse beau. On achetait quand même deux grands parapluies bleus, l’autre famille en ferait autant.
On planterait les pommes de terre après le mariage lorsqu’on aurait pris des forces.
Cette année, on en mettra un peu plus pour les jeunes époux.
La moisson était déjà bien levée mais il manquait parfois un peu de pluie.
On donnerait une messe pour dimanche et l’oraison serait adaptée à la demande : « Laissez-vous fléchir, nous vous prions Seigneur, par ces dons que nous vous offrons et accordez-nous le secours opportun d’une pluie suffisante ».
ou bien
« O Dieu tout puissant, nous supplions votre clémence d’arrêter les pluies qui nous inondent et de daigner faire luire sur nous la sérénité de votre face ».
Il y avait une supplique en cas de contagion pour les animaux, une autre pour arrêter les orages.
Habituellement, les costumes, robes, chaussures étaient “étrennés” pour Pâques, mais quand il y avait un mariage, les familles ne se mettaient pas dans les frais pour Pâques
Ce serait pour le mariage. »